**ENTRER DANS LA LUMIERE**

VIE EN VRAC (1ère partie)

 

Voilà une histoire...Une vraie, une qui s'envole à tire d'aile...

                                     ~~~~~~~~~~~~~

Il était une fois , quelque part sur la terre, dans une grande

maison perdue au milieu des bois, là-haut sur la montagne,

un papa très"chrétien" et la maman qui va avec...

C'était un Russe à l'accent roulant, génie raté, original et farfelu,

faune à ses heures d'ombres, ministre de dieu s'il en fut,

charismatique et évangéliste dans l'âme...Le créateur c'était

révélé, au milieu des flamme d'un deuxième buisson ardent,

et l'avait fait prophète.

Son mont Sinaï fut une prison communiste, son école le Vatican...

Face à des disciples aussi réfractaires, et malgré un bel avenir

épiscopal, il choisi des chemins plus ouverts...Et surtout moins

austères...

Le ciel, il en était certain, lui avait confié la Vérité absolue,

la nouvelle version de la parole Divine, et la mission délicate

d'annoncer cette bonne nouvelle...

Ce fut une tâche ardue, à laquelle il consacra toute sa vie,

passionnément, désespérément...Envers et contre tout et, surtout,

contre les pires évidences...Il y consacra aussi tous les biens et

toutes les sources vives de sa femme...

Ce "Papa-Bon-Dieu" mit beaucoup d'énergie, toute la passion de

ses bonnes intentions, de sa foi et de ses certitudes, à canaliser

dans ce qu'il considérait être le droit chemin, les "dispositions

naturelles" et les visions merveilleusement cosmiques d'une enfant

rousse, à longues nattes, et à forte tendance "mystique".

La petite, du haut de ses cinq ans, avait vu dieu elle aussi, à sa

manière, dans les tomages du potagers, les cloportes et les

merveilles de la forêt... !! Et la puissance de Son Doigt soulevant

les montagnes en mille plis froissés, dans les gorges de l'Hérault,

entre Ganges et St-Bau, là où les falaises jouent les gâteaux

marbrés... Elle en avait des bouffées de larmes, et le coeur dilaté...

Alors, elle avait planté son jardin-église, tout près des choux

frisés... Rien que des cosmos, parce que c'était là, parait-il, "quIL"

habitait...

Ce ressenti intense du miracle de la vie et de l'immensité qui

frémissait derrière se retrouva rapidement transformé dans

l'image redoutable et menaçante d'un Dieu tout-puissant,

omnipotent et omniscient, dont l'activité principale paraissait

être de passer son temps à surveiller la moindre des pensées,

et chacun des faits et gestes de ces misérables humains qui

c'étaientdétournés de lui... ! Et bien sûr, et surtout, chacun des

frémissements impétueux de notre triste héroïne.

Satan, omni-présent, règnait en maître sur le monde et sur le

"coeur de l'homme" et la grande maison était le bastion, la

demeure,le seul recours.... Dailleurs coment ne pas le savoir :

uneimmense planche de bois massif l'annonçait, pendue au dessus

de la route : "Mon Refuge est en Dieu" y était profondément

pyrogravé, en lettres énormes...

La guerre était déclarée... Nous étions les résistants...C'était la

force noire, le terrible ennemi à débusquer, à combattre et à

vaincre pour trouver grâce au yeux du "Père Céleste"... Cette

victoire était la condition sine qua non pour recevoir la Bénédiction,

et accédeer au rang "d'épouse de Christ", vierge et pure

éternellement, seul statut permettant d'échapper à l'enfer et à la

damnation...

La fillette donc, passa son enfance à courir les bois, à faire la

vaisselle et à tenter de contrôler le troupeau trépidant de ses

frères et soeurs... Et aussi, tétanisée par les prêches paternels,

et la bible brandie, à prier le ciel de purifier ce pauvre coeur si

noir, de pardonner tout ses péchés, et le père tout puissant de la

protéger des tentations et des oeuvres diaboliques... !!

C'était une foi et un engagement total, de celle que l'on trouve

dans la "vie des saints"...Sauf que dans la vie des saints, les saints

ne font de bétises, n'ont aucune mauvaise pensée, ne se regardent

pas dans la glace, ne vont pas lire en cachette les romans photos

des grands-mères, ne rêvent pas, très tôt, à l'amour fou et

surtout, ne ré-écrivent pas l'histoire sainte dans le style

passionné de "Delly" ou d'"Harlequin", oh suprême blasphème !!!!

Les saints, on sait bien ça, débordent d'amour pour tout ce qui vit,

même quand cela renverse son bol de lait au moment de partit à

l'école, traîne en chemin, et gait rater le car scolaire... Et ils se

soumettent gaiement et sans mot dire à toutes les corvées, que

ce soit de vaisselle, de ménage ou autre joyeusetés destinées à

faire grandir en discipline, en sagesse, et en efficacité, sinon en

beauté... Et làààà....Heuuuu... !! Il y avait encore du chemin pour

notre demoiselle... !!

Une terrible culpabilité face à ce manque évident de perfection,

plus maintes mémorables fessées destinées à extirper un "mal"

si profondément ancré, et enfin une obéissance inconditionnelle

aux interdits de son merveilleux "papa-bon-dieu", n'ont laissé à

aucune autre vision la possibilité de s'exprimer... Les oeillères

dirons-nous, étaient étroites, mais ma foi c'était normal et fort

bien calculé, car "étroit est le sentier, très serré le chemin qui

mène à la perfection", disait sa mère, très sainte femme au

demeurant.

La parole de Dieu "prise à la lettre, lue, relue chaque soir pour

préparer la nuit, ré-interprétée avec énergie et une profonde

conviction par la bouche parternelle lors du culte quotidien, était

l'unique source de toute vérité, tout son horizon, et sa seule

raison d'être.... Tout comme Bernadette ou Ste-Thérèse,

enfin...presque !

C'était dit et c'en était fait d'elle... : sa vie était consacrée... !

La fillette grandit dans une de ces fidélité aveugles et absolues,

de celles qui conduisent à mourir pour, et à cause de sa foi...

Soumise sans réserve à l'exemple de sa mère, à cet enseignement

qui exigeait de la femelle voleuse de pomme, perverse séductrice

de ce pauvre innocent enamouré, la pécheresse maudite, de

racheter son âme dans l'entière soumission à l'homme auquel elle

était destinée... Et bien sûr à la divine volonté, dans l'acceptation

silencieuse de toutes les épreuves, de toutes les servitudes et de

tous les enfants dont il lui ferait l'offrande...

Une part du travail fut fait...Dans une foi mêlée de larmes et

de révolte....Mais effectivement, oh blasphème encore une fois !

 Pas forcément dans le silence.... ! La belle était bavarde que s'en

était une plaie...Souffrir en silence lui semblait incongru, et elle

 cherchait force versets, parfaitement légitimes assurément,

qui lui fissent part plus belle...

AVEC LES ANNEES, A FORCE DE PRIERES, ELLE APPRIT A PLIER

 

 

 

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